Que quelqu’un d’autre souffle les bougies

Le matin du 13 août 2001*, je me suis levée de bonne heure et j’ai allumé la radio. Un présentateur à la voix guindée annonçait « Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la patrie » et il lisait un panégyrique interminable sur le Lider Maximo. Allongée sur mon lit, j’ai eu l’impulsion de me catapulter vers une autre galaxie, de m’échapper de cette île où l’anniversaire d’une naissance s’est transformé en date de fondation d’un pays. Ce jour-là, j’ai pris la décision d’émigrer. Onze mois plus tard, je suis montée dans un avion à destination de l’Europe.

Sept ans se sont écoulés depuis ce coup de tête. J’ai fait l’aller et le retour, et j’écoute toujours des phrases similaires à celle-là. Je remarque les mêmes tentatives d’associer les actions questionnables d’un homme à quelque chose de plus impérissable : la Nation. Ce qui a changé c’est que ce culte ridicule de la personnalité ne me donne plus envie de fuir, mais de rester ; il ne provoque plus en moi de la confusion, mais de la clarté par rapport à ce à quoi on ne doit pas consentir.

Dans le futur, personne ne doit être confondu avec la Patrie. Les petites bougies d’aucun gâteau ne pourront être soufflées au nom de tous.

*13 août : date de l’anniversaire de Fidel Castro. 

 Traduit par Susana Gordillo. 

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2 réflexions sur “Que quelqu’un d’autre souffle les bougies

  1. un grand merci pour les traductions en français….ton blog est trés riche et me permet de mieux comprendre ton pays…….pour le moment je ne le connaissais qu’ à travers les documentaires télévisuels….
    Ha! j’allais oublier..le 20 aout c’est mon anniversaire…
    Cordialement..avec l’espoir, pour les cubaines et les cubains, d’un futur meilleur et joyeux
    Jean-Paul

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