Les notes du nouvel hymne

« Comment crie-t-on sur Twitter ? » est l’un des premiers messages que j’ai envoyés, en découvrant le potentiel d’expression de ses cent quarante caractères.

Aujourd’hui, je dois poser les questions suivantes : comment chante-t-on sur le net l’hymne mobilisateur d’un peuple ? Comment diffuse-t-on ce désir de changement que je vois sur tous les visages autour de moi ? Jadis, c’était le son du clairon, le galop des chevaux et quelques lignes qui en appelaient au bayamais à « mourir pour la patrie »**. Mais aujourd’hui tout est différent.

L’idée m’est venue de me servir des kilo-octets, de recourir au tranchant de la parole, aussi incisif que la machette, et aux préceptes plus durables.  Parcourez donc le net, et les cinq points de l’activité de blogueur, comme s’il s’agissait des notes de « a degüello »** contre le contrôle, l’autoritarisme et la censure :

- Liberté d’opinion

- Liberté d’accès à l’Internet

- Liberté d’entrée et de sortie de Cuba

- Liberté d’association

- Liberté pour les prisonniers politiques

- Liberté pour Cuba

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Notes de traduction :

*L’Hymne de Bayamo est l’Hymne National de Cuba. Ses paroles et sa mélodie furent écrits à Bayamo, ville de l’orient du pays, par Perucho Figueredo. Il fut appelé La Bayamaise, en  référence à la Marseillaise. En octobre 1868, Bayamo a été prise par les forces indépendantistes, qui luttaient contre le pouvoir de la couronne espagnole. L’Histoire veut que, au milieu des festivités pour la victoire, Figueredo ait sorti un crayon de sa poche et, sur la selle de son cheval, écrit les vers correspondant à la mélodie déjà connue. Il les répartit entre les personnes rassemblées, qui l’ont ainsi chanté pour la première fois ce 20 octobre 1868, jour de la capitulation.
Par la suite le texte fit l’objet de quelques modifications, tout en gardant son objectif originel.

**Machette – Outil de travail à l’origine, la machette a été utilisée comme arme de guerre par les cubains pendant les guerres d’indépendance contre l’Espagne.

*** A degüello – Notes du clairon qui en appelaient à l’égorgement des troupes espagnoles.

Hymne national cubain

Al combate, corred, bayameses,
Que la Patria os contempla orgullosa ;
No temáis una muerte gloriosa,
Que morir por la Patria es vivir.

En cadenas vivir, es vivir
En afrenta y oprobio sumido ;
Del clarín escuchad el sonido ;
A las armas, valientes, corred !
(bis)

Traduction :

Au combat, courez, Bayamais
Que la Patrie vous contemple avec fierté
N’ayez pas peur d’une mort glorieuse mort
Car mourir pour la patrie, c’est vivre.

Vivre enchaîné, c’est vivre
Plongé dans l’affront et l’opprobre
Écoutez le son du clairon
Aux armes, braves, courez !

Traduit par Susana GORDILLO.

2 réflexions au sujet de « Les notes du nouvel hymne »

  1. Cher « Y »,

    Facile de critiquer, mais vos études et votre éducation a été payée par le peuple cubain.
    et vous que faites-vous pour le peuple cubain ? Me retour au Cuba des années 40 – 50 ? Est-ce là votre objectif ? ou un Cuba à l’image de Haïti ??

    Travaillez au lieu de détruire, cela vous fera comprendre ce qu’est la liberté…

    Génération P

  2. Les admirateurs de la dictature n’ont pas d’autres argumentes que l’éternel chantage de l’éducation et la santé « gratuites ». Rien n’est gratuit dans ce monde, et tout le monde sait que pour faire des études à l’université, et même dans le bac, il faut se plier et faire semblant de soutenir la dictature. Sinon, c’est expulsion directe.
    Plus encore, et pour parler de mon expérience en tant que cubaine (et non en tant que juge à distance…) quand j’ai finit mes études universitaires j’ai travaillé pendant un an, 55 heures par semaine, en gagnant 8 dollars PAR MOIS. Au bout d’un an, et ayant plus que payé mes études, avec intérêts… je suis passée à vendre du café dans le marché noir. J’ai renoncé à mon diplôme, mais j’ai gagné un peu plus de LIBERTÉ. Facile à critiquer, tout à fait d’accord !!!

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