Quand la terre tremble

Une île qui a vu se succéder une succession de tragédies, d’invasions et de dictateurs, présente aujourd’hui les débris du désastre, les traces d’un tremblement de terre, qui bien que naturel n’en est pas moins abominable. Dans cet Haïti qu’Alejo Carpentier nous a montré dans « Le royaume de ce monde » et avec lequel les journalistes nous ont fait compatir, le malheur est devenu chronique, et la plainte est devenue un langage habituel. Plus que par le séisme, la patrie de Jacques Roumain a été secouée par le malheur, qui s’abat par dessus l’instabilité sociale, la débâcle économique et le désespoir ? Pour tout autre pays, cela serait une calamité, pour Haïti c’est une véritable apocalypse.
Ce n’est pas le moment de faire de la politique avec la douleur, ni de paraître devant les micros en promettant des aides mais celui de secourir sans condition, sans besoin de reconnaissance ou de gratitude. Ce dont j’ai particulièrement peur, c’est que d’ici à trois mois la souffrance ne fasse plus la une d’aucun journal et que le drame haïtien ait cessé de paraître urgent aux yeux des gens. Je crains que nous nous habituions au malheur et que nous nous endurcissions devant le drame, que nous restions focalisés sur nos problèmes sans nous rendre compte que d’autres appellent à côté.
Le sismographe peut indiquer qu’il n’y aura pas de nouvelles secousses, mais le cadran de la vie est dans le rouge. C’est l’heure d’aider et il faut le faire immédiatement.
Dans ces circonstances, nous sommes plusieurs blogueurs et d’autres personnes de la société civile cubaine à rechercher une façon d’apporter notre petite contribution aux déshérités. Nous proposons de recueillir du linge, des médicaments et autres objets de confort personnel et de les apporter à la représentation de Caritas à la Havane.
Traduit par Jean-Claude MAROUBY

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16 réflexions sur “Quand la terre tremble

  1. 400 médecins cubains, sans trop de publicité, étaient déjà sur place avant les occidentaux…

    Pourquoi n’en parlez-vous pas ???

  2. Et tu penses que tous les médecins Cubains sont là par humanité ? Un médecin gagne environ 25 dollars de salaire par mois. Quand ils vont en "mission internationaliste" ils gagnent 300 dollars par mois. Petit détail : Ce n’est pas le gouvernement cubain qui est si "généreux", c’est l’État du pays qui reçois l’aide qui paie à l’État cubain, pas directement aux médecins. L’État cubain garde le gros morceau et donne un "pourcentage" au médecin. C’est des esclaves à louer. La réputation humanitaire de la dictature se fait sur le dos de ces esclaves. Oui, il faudrait qu’on en parle davantage.

  3. Je connais personnellement des médecins Cubains qui exercent à l’étranger. Ils démentent totalement ce que tu affirmes là ! Même si le problème des revenus de ces derniers, comparés à leurs confrères de la plupart des pays beaucoup plus développés que Cuba (mais pas forcément sur le plan médical !)pose en effet problème mais c’est un choix entre l’humain et le financier – choix encore plus aigu de la part d’un pays du tiers-monde, comme Cuba. C’est d’ailleurs un des problèmes pourris posés par les pays et les systèmes qui tentent de s’éloigner des ravages du capitalisme que de permettre à l’homme de s’élever sans l’aspect financier ne prenne le pas sur l’humain.

  4. … (suite) Je me permets d’ajouter que si les salaires des médecins cubains en mission à l’étranger sont plus élevés, c’est que, dans les pays où ils exercent, ils ne bénéficient pas des toutes les facilités et des mêmes tarifs que dans leur pays. J’ai même des exemples de médecins qui perçoivent beaucoup plus que les 300 dollars que tu évoques, mais à la fin du mois, il ne leur reste plus rien et ils apprécient que leur famille soit à Cuba plutôt que là où ils viennent apporter leur aide.

    Cela étant, je peux aussi aller dans ta logique : au lieu de rester salarié modeste en France, je pourrais essayer d’aller tenter ma chance aux États-Unis où on a le droit d’exploiter qui on veut, quand on veut, au nom de la Liberté… et de devenir milliardaire… ou clochard.

  5. Moi aussi, je connais personnellement des médecins cubains… en commençant par ma mère :-P

    Alors, je ne sais d’où tu sortes tes démentis, mais les médecins que je connais qui sont à Haïti, par exemple, utilisent l’argent de leur maigre "salaire" pour aider leurs familles à Cuba, malgré lesdites "facilités"…

    Je suis d’accord avec toi en ce que le capitaliste extreme n’est pas un système humain, mais le communisme – mal nommé socialisme – non plus. Il n’élève pas l’être humain par dessus le problème financier : Ils le réduit à la misère et à la dépendance la plus indigne à un l’État tout puissant.

    Dans le capitalisme on peut au moins trouver des alternatifs. Je ne suis pas aveugle ni éblouie pas la société de consommation. Mais j’ai le choix, par exemple, de faire partie des sociétés d’échange local, du groupe yahoo freecycling (tu connais ?), d’aider, avec de l’aide financière aussi, à l’éducation des enfants des pays défavorisés… Les cubains de Cuba, eux, ne peuvent même pas envoyer de l’aide à un pays voisin comme l’Haïti. L’État tout puissant et totalitaire le leur empêche. D’ailleurs, ils ne peuvent pas envoyer ce qu’ils ont pas…

  6. Bien sûr que les Cubains ne peuvent pas envoyer ce qu’ils n’ont pas ?

    Mais pourquoi ne l’ont-ils pas ? Cuba ne fait-elle pas des pays pauvres ? Le cache-t-elle ? La différence de niveau de vie (Scolarisation, santé, partage de la nourriture, accès à la culture…etc) sont-ils comparbles aux pays ayant le même PIB et à ceux de la même région ?

    Je comprends que les jeunes de Cuba, dont le niveau d’instruction et de culture sont largement au-dessus de la majorité des pays, rêvent de voir leur niveau de vie être à l’égal. Et c’est ce que je leur souhaite vivement. Mais à quel prix l’obtiendront-ils ? Par quels moyens ? A partir de quelle économie et de quel système économique ? La loi de la jungle, certes interdite, depuis 1960, à Cuba ? Ou par un développement de l’engagement du plus grand nombre sur la voie du socialisme, les yeux ouverts sur la réalités des "Paradis libéraux" que Sa,chez et consorts leur font miroiter ?

    J’ai rencontré des Cubains qui considèrent que "notre" système, en France, permet au moins à des gens comme moi, d’aller à Cuba, tandis qu’eux… Mais il y a cinquante ans, mes parents n’auraient jamais pu imaginer que cela fût possible ! Et je précise que sans l’aide d’organisme comme les Comités d’Entreprise… (conquêtes ouvrières très contestées par le patronat, d’ailleurs !, il n’en serait pas question pour moi non plus (et je fais partie des 10 % de Français qui peuvent se le payer aussi !). Et peut-on comparer le niveau de vie de la France d’il y a 50 ans, avec celui de Cuba ? Ces Cubains, ont-ils conscience de ça ? En tous cas pas avec des imbécillités comme celles proférées par les Y. Sanchez.

    Déjà, des inégalités existent du fait même du tourisme mercantile qui apporte espèces sonnantes et trébuchantes aux personnes qui ont la chance de travailler en contact avec les touristes et qui ne sont pas forcément ceux qui travaillent le plus et le mieux dans l’intérêt de leurs compatriotes. Mais cela doit-il être une raison pour considérer que l’évolution économique de l’Ile devrait passer par ce genre de logique ?

  7. Bla, bla, bla…

    J’ai fait des études universitaires à Cuba, quand j’ai fini, on m’a envoyé travailler au fameux pôle scientifique. Je gagnais 8 dollars 50 centimes par moi (Et je parle en dollars car, à Cuba, la grande majorité des produits se vendent en CUC, équivalent du dollar). Au bout d’un an, j’ai tout quitté pour donner des cours particuliers d’anglais (illégal) et pour vendre du café dans le marché noir. Quant je suis partie à l’étranger, je n’ai pas pu emmener mon diplôme universitaire avec moi. Pour être plus juste, j’ai pu emmener le papier, mais ils ont toujours retenu ma liste de notes, ainsi que le programme d’étude (nécessaires pour valider mon diplôme à l’étranger). Si je veux les récupérer, je dois les payer, et les payer cher.
    L’État cubain ne forme pas des professionnels : Il forme des esclaves. En plus, les universités s’écroulent, on doit payer le peu de matériel qu’il nous donnent et les professeurs universitaires vivent eux aussi dans la misère. Où est la gratuité ?

  8. De toute façon quand un pays connait une catastrophe comme Haïti le plus important c’est l’aide, qu’importe d’où elle vienne.

  9. M. MOZO, Je pense que vous êtes l’"anonyme" qui a écrit, le 16 août 2006 à 21h24, en commentaire sur un blog la phrase suivante : "Il y a de gens qui passent leur vie à défendre des pays ou ils ne voudraient pas vivre".

    J’invite les lecteurs à prendre connaissance de ce blog à l’adresse suivante : http://humanisme.blogspot.com/2005/02/raction-la-lettre-de-m-victor-mozo.html

    Quant à vivre à Cuba pendant plus de six mois, je connais assez de Cubains qui y vivent depuis 70 ans et qui n’ont ni la mémoire courte à l’encontre des maffieux qui régnaient lorsqu’ils sont nés ni à l’égard de la Révolution dont ils n’attendent toujours pas qu’elle fasse trop de cadeaux à ses ennemis.

  10. Bonjour Victor,
    Heureusement aussi, il n’y a pas que les cdrhums qui lisent ce blog et ses commentaires. Je laisse mon témoignage pour tous ceux qui voudrais bien le lire. Après, chacun est libre de croire ce qu’il veut. No hay peor ciego que el que no quiere ver. Ils ne vont pas non plus te croire quand tu dis que tu as passé deux ans dans un camp de travaux forcés, car pour eux cela n’a jamais existé sur leur île-paradis. Mais nous savons que c’est vrai, nous pouvons l’exprimer librement, et c’est déjà pas mal…
    Quant aux français qui habitent à Cuba, j’en connais bien sûr. Ils profitent du soleil, de la mer et de la belle vie que leurs euros leur permettent de vivre. Ils ont aussi la liberté d’entrer et de sortir du pays quand ils veulent. J’en ai même connue une qui se vantait de recevoir un salaire en "pesos cubanos"… En même temps, elle louait son appartement à Paris. Pour des pesos cubains… ? Par contre, je ne connais aucun communiste français ayant renoncé à sa citoyenneté française pour aller vivre à Cuba comme un cubain normal. Cdrhum, est-ce que t’en connais, toi ?

  11. Salut Susana,

    Je connais des québécois qui vivent et travaillent à Cuba. Il y en a qui ont mon âge et même plus et se promènent avec des jeunes de 18 et 20 ans. La belle vie, n’est-pas ? Ici, personne ne les regarderait. Ce sont les borgnes au pays des aveugles.

  12. @ Susana qui me dit : "je ne connais aucun communiste français ayant renoncé à sa citoyenneté française pour aller vivre à Cuba comme un cubain normal. Cdrhum, est-ce que t’en connais, toi ?"

    Non, je n’en connais pas ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en a pas. Cela étant, est-ce que tu connais des anti-communistes français qui ont renoncé à la nationalité française pour aller vivre à Haïti comme Haïtien normal? (Et s’il y a peu d’exemples comme Cuba, des cas comme Haïti, il y en a beaucoup, hélas !).

    Pour ma part, en tant que Français, je revendique les avancées de la société française, notamment parce qu’elles sont dues aux luttes auxquelles les communistes et d’autres ont participé, dans la douleur, depuis des siècles. Jamais je n’ai dit que je souhaiterais vivre à Cuba comme les Cubains, en raison de ce que je viens de dire. Et je n’ai jamais admis que quelqu’un me disent à l’époque de l’URSS, que si je n’étais pas content, je n’avais qu’à aller vivre là-bas! Ce qui me conduit a exprimer mon profond respect pour la Révolution Cubaine et ce qu’aujourd’hui encore, elle apporte aux Cubains par rapport à leur sort d’avant 1959. C’est tout.

  13. Et la révolution (l’involution devrais-je dire) en apporte tellement aux Cubains qu’ils quittent l’île par milliers chaque année. Si à Cuba il y avait eu des frontières, les Castro auraient construit un mur plus grand que celui de Berlin !Bien sûr, ce ne sont que des traîtres. L’homme nouveau fout le camp à la première opportunité. Remember la URSS. Tout s’écroulera comme un chateau de cartes. Qui vivra verra.

  14. Ah cdrhum, tu ne te rends même pas compte des énormités que tu dis. Tu t’enfonces un peu plus avec chaque commentaire. C’est attristant de vouloir faire son malin avec Haïti, le pays le plus pauvre du monde. 50 ans de "révolution" pour en arriver là…

    Même sous la dictature de Batista (un dictateur sanguinaire. Là dessus, tout le monde est d’accord) Cuba était un pays à l’économie florissante, au PIB par habitant comparable à celui de l’Espagne et de l’Italie. L’Ouest de Cuba, La Havane en particulier, avait un niveau de vie semblable à celui des États-Unis. La région de l’Est était plus pauvre, avec des paysans souvent illettrés (pas la famille Castro…) et des nombreux immigrés haïtiens. 50 ans plus tard, même pas les haïtiens immigrent à Cuba !!!

    Alors, bien sur que personne ne connaît un français qui habite à Cuba comme un cubain de plus, car cela n’existe pas. La "révolution" cubaine n’est plus qu’un mirage. Et en tant que tel, cela ne marche que si on le regarde de loin.

  15. Victor, bien sûr que tout s’écroulera comme un chateau de cartes. Cela fait 50 ans que le pays est en train de s’écrouler peu à peu. Paradoxalement, si ce n’est pas pire c’est grâce à l’aide des "traîtres" de Miami. Moi même, quand j’habitais à Cuba je pouvais m’habiller et me chausser grâce à mes tantes des Etats Unis. Je ne peux même pas imaginer ma vie sans les dollars qu’elles envoyaient.
    Cuba est la bouée à laquelle s’accrochent les naufragés du communisme. Je comprends leur désespoir : Chaque post de Yoani, chaque film qui passe à la télé, chaque reportage indépendant qui dévoile la réalité cubaine est comme une rustine de plus qui se décolle de leur bouée en voie de décomposition.

  16. Bien sûr que tout s’écroulera un jour, mais quand? Le temps doit commencer à paraitre bien long pour les Cubains. cdrhum dans quel pays le communisme est une réussite? peut tu m’éclairer là dessus, j’aimerai savoir. (en dehors de Cuba bien sûr!)

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