Témoignage de la mère d’Orlando Zapata Tamayo

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Cette après-midi, quelques heures après la mort d’Orlando Zapata Tamayo, Reinaldo et moi avons pu nous approcher du département de Médicine Légal, dans l’avenue Boyeros.

Un cordon d’hommes de la sécurité de l’état encadrait les lieux, mais nous avons réussi à nous approcher de Reina, la mère du défunt, et à lui poser ces questions.

Douleur, colère de notre part… tristesse et intégrité de la sienne. Je vous laisse cet enregistrement amateur et presque sans lumière, témoignage déchirant de l’angoisse d’une mère.

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11 réflexions sur “Témoignage de la mère d’Orlando Zapata Tamayo

  1. Quelqu’un pourrait il nous traduire les grandes lignes du témoignage de la mère d’Orlando Zapata? Merci pour ces informations.

  2. Déclaration du président cubain Raul Castro sur le décès du détenu Orlando Zapata

    Nous le regrettons beaucoup.

    Il avait été condamné à trois ans de réclusion, mais il a commis d’autres délits en prison et sa peine s’est accrue. Après, on l’a conduit dans nos meilleurs hôpitaux. Il est décédé, nous le regrettons beaucoup.

    Dans notre confrontation avec les USA, nous avons perdu malheureusement des milliers de Cubains, surtout victimes du terrorisme d’État. Entre morts et invalides, cela fait environ cinq mille, sans compter des milliers d’autres blessés qui sont parvenus à se rétablir. Des diplomates à nous ont même été assassinés à l’étranger ou faits disparaître dans d’autres pays.

    Le jour où les USA décideront de vivre en paix avec nous, tous ces problèmes finiront et nous en surmonterons bien d’autres. Nous devons tout simplement nous habituer à vivre en nous respectant les uns les autres.

    L’administration étasunienne dit vouloir discuter avec nous et nous sommes prêts à discuter avec elle tous les problèmes qu’elle veut. Je l’ai dit trois fois au Parlement : tous, tous, tous. Nous n’acceptons de discuter que si l’égalité absolue règne entre les deux parties. Elle peut parler de toutes les questions de Cuba, mais nous avons aussi le droit à notre tour de parler de toutes les questions des USA.

    Nous ne reconnaissons à aucun pays, aussi puissant qu’il soit, ni à aucun groupement de pays, comme l’Union européenne, le droit de s’immiscer dans nos affaires intérieures. À partir de là, nous sommes prêts à discuter de tout.

    En un demi-siècle, nous n’avons assassiné personne ici, nous n’avons torturé personne, nous n’avons jamais réalisé une exécution extrajudiciaire. En fait, à Cuba, oui, on a torturé, mais sur la base navale de Guantánamo, par sur le territoire où gouverne la Révolution.

    El mariel, 24 février 2010

  3. Malgré tous les efforts pour l’étouffer, cette triste nouvelle a réussi à sortir de l’île,et les journaux,radios et télévisions l’ont reprise un peu partout.
    Victoire posthume pour cet homme encore jeune, dont la volonté de résistance,n’a pu être brisée.
    Un exemple,un symbole pour sa génération,un appel à ne pas se résigner.

    Dans un pays où le pouvoir exalte sans cesse les martyres,la fin tragique d’orlando Zapata est une mauvaise affaire pour le pouvoir,qui a vite compris son erreur.

    Quelle stupidité d’avoir laissé mourir un prisonnier d’opinion!
    Il était bien plus rentable politiquement,de le laisser croupir dans une cellule ( 20 ans encore à purger).

    Aussitôt,(signe d’inquiétude?)la course pathétique aux martyres a commencé,pour disqualifier à l’avance le sacrifice de Zapata.
    Car il ne saurait y avoir d’autres martyres que révolutionnaires.

    La mort d’Orlando Zapata était malheureusement écrite, car,comment un régime qui agonise, des dirigeants en fin de vie, dans un pays qui s’enfonce, pourraient-ils produire autre chose que la mort?

  4. A grandes lignes le témoignage de la mère d’Orlando Zapata c’est:

    …Je suis Reina Luisa Tamayo, mère du prisonnier de conscience cubain, Orlando Zapata Tamayo … … je peux dire que j’ai une douleur profonde que je supporte … …je pense que mon fils a été assassiné. Il était objet de torture dans une prison … …avec ma douleur profonde je demande au monde qu’ils exigent la liberté d’autres qui se trouvent injustement emprisonnés, pour que ne se répète pas ce que sa passé avec mon fils.

  5. Cdrhum,

    Raúl Castro ne fait que suivre les leçons de son frère : Parler USA pour détourner l’attention des crimes les plus abominables, mentir, jouer le nationaliste, parler au nom de tout un peuble… Il sait que ça marche, ou au moins que ça a marché pendant les 51 dernières années. Il a le pouvoir et n’a qu’à le garder les quelques années qu’il lui reste à vivre. Je peux même le comprendre. Mais je ne comprends pas, par contre, l’intérêt d’être le perroquet d’une dictature étrangère… Tu voudrais bien me l’expliquer ?

  6. Merci à Roger Demay. Heureusement que les Etats Unis sont là pour les fréres Castro! Sinon comment feraient ils pour expliquer leur échec, leur dictature. Le plus incroyable, c’est que 50 ans aprés ils trouvent toujours un auditoire, des fanatiques aveugles et bornés…

  7. cdrhum, afin que je puisse comprendre, plusieurs questions puisque tu as l’air renseigné: – quel délit peut-on commettre en prison pour passer de 3 ans à plus de 20 ans de réclusion? – en fait Raoul Castro accepte de discuter de tout sauf des prisonniers politiques, il accepte de discuter du climat en fait… – en un demi siécle ils n’ont assassinés personne, ils ont exécutés beaucoup de monde, c’est vrai il y a une différence (assassiner est un crime de droit commun, exécuter est un crime politique) Aujourd’hui tout le monde reconnait les milliers d’exécutions de ceux pour qui leur seul crime était de faire connaitre leur différence d’opinion avec les Castro, y compris les fidéles lieutenants de la révolution. En 50 ans ils n’ont torturés personne!!! Raul Castro souffrirait il de perte de mémoire?

  8. Et au nom du populisme, combien de crimes le gouvernement cubain commet et commetra encore ? Maintenant Orlando Zapata es un vulgaire prisonnier de droit commun. Par contre, si on suit le raisonnement de Raul Castro et de ses camarades, Zapata es devenu le premier prisonnier de droit commun à faire une grève de la faim à Cuba. C’est rare, n’est-ce pas ? C’était un voleur et un exhibitioniste, rajoutent les détracteurs de Zapata, mais à chaque fois qu’il a étét arrêté c’était en lien a des groupes de dissidents. Tout cela me laisse une saveur très amère. Même dans d’autres pays de l’Amérique latine on ne voit pas de pareille ignominie. Castro et ses comparses doivent leur vie à Fulgencio Batista, l’autre dictateur. À l’époque de celui-ci, il y avait des amnisties à Cuba. Fidel et Raul Castro en sont la preuve. Ça viendra la fin un jour, qui vivra, verra.

    http://regardcubain.unblog.fr

  9. "Je reconnais sans ambages que mes idées sont largement minoritaires parmi mes compatriotes cubains résidant dans le sud de la Floride. Inutile de le répéter, il est bien connu que mon point de vue concernant la politique des États-Unis à l´égard de Cuba n´est pas partagé par la majorité des Cubains de Miami, ce qui fait de moi un véritable dissident. Ici, se prononcer contre le blocus infligé à Cuba et plaider pour de meilleures relations entre Cuba et les Etats-Unis relève du pêché capital.
    Le fait d´être en désaccord avec cette majorité fait de moi quelqu’un d’à part à Miami. Également, être dissident ici peut s´avérer dangereux. Il y a quelques années, alors que Miami était la capitale des bombes, onze attentats terroristes furent perpétrés à l´encontre de la revue Réplica, un hebdomadaire qui connaissait un grand succès et dont j´étais le directeur. Les tentatives d´assassinat à mon encontre ne manquèrent pas à l´époque où le fait d´écrire ce que je pensais, sans peur et sans complaisance, m´amena à m´opposer à l´opinion dominante et à devenir l´un des premiers exilés dissidents de Miami.
    Bien que j´ai de nombreux amis qui me soutiennent, je ne cache pas que je suis viscéralement haï par les extrémistes de droite. Je suis à leurs yeux un communiste qui mérite pour châtiment une mort sordide, carbonisé sur un bûcher au coin du restaurant Versalles de la rue 8 de la Petite Havane.
    Cependant, ma dissidence ne me conduit pas à entamer une suicidaire grève de la faim, pour protester contre le fait que le gouvernement US ne satisfait pas à ma volonté de changer sa politique étrangère à l´égard de mon pays d´origine, ou parce que la Maison Blanche ne décrète pas la mise en liberté – comme aurait pu le faire le président Obama- d´une simple signature- des cinq Cubain anti-terroristes détenus dans les prisons états-uniennes, où ils purgent d´injustes et longues peines, tandis que des terroristes avérés tels que Luis Posada Carriles et Orlando Bosch jouissent de la plus totale liberté à Miami et sont considérés comme des héros par l´extrême-droite des exilés cubains.
    Penser différemment, même si la plupart des gens considèrent que cette opinion n´est pas juste, ne constitue pas un acte criminel. Si penser différemment du plus grand nombre est un droit inviolable qui doit être respecté par tous, gouvernants et citoyens, en revanche il ne peut servir, à mon sens, à dissimuler des activités orchestrées par un gouvernement étranger ; d´autant moins si ceux qui se prêtent à de telles manœuvres sont motivés par de mesquines raisons économiques.
    Je réside depuis des années à Miami et j´ai appris à vivre dans une ville ou règne l´intolérance et l´extrémisme politique le plus irrationnel. Il s´agit de quelque chose qui a plus à voir avec les cubain qu´avec les Etatsuniens eux-mêmes. Ça me fait du mal de le dire mais c´est la vérité, à la grande honte de mes compatriotes cubains. J´exprime toujours ce que je pense franchement, mais en ce qui concerne ma dissidence, elle est respectueuse des coutumes et des lois du pays dans lequel je vis.
    Il ne m´est pas facile d´être un Cubain dissident à Miami. Mais si je peux être fier de quelque chose, c´est de pouvoir dire tout haut que personne ne me paye pour ce que je fais ou pour ce que je dis. De pouvoir dire que je n´ai jamais touché, ni hier ni aujourd’hui, un quelconque salaire d´un gouvernement, cubain ou étranger. Au moins, je ne vis pas de ma dissidence.
    Pour Réplica de Radio-Miami, Max Lesnik.
    (traduction de Peio PONCE)
    (foto Virgilio PONCE)

    http://www.radio-miami.com/

    De : Virgilio PONCE"

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