Envie de crier

La vie ne retrouve pas son cours normal. Pas de retour à ce moment précédant la tragédie que nous évoquons maintenant –de façon illusoire- comme une période de calme. J’ouvre mon agenda, j’essaie de renouer avec ma vie, le blog, les messages sur Twitter… mais rien ne vient. Ces derniers jours ont été trop intenses. Mon esprit ne peut que ressasser le visage plongé dans la pénombre de Reina Tamayo face à la morgue où elle a préparé et habillé son fils pour le plus long voyage. Ensuite, les images du mercredi s’amoncellent : arrestations, coups, violence, un cachot empestant l’urine, mitoyen d’un autre où Eugenio Leal et Ricardo Santiago revendiquaient leurs droits. Le reste du temps j’ai marché comme une marionnette, regardé sans voir, tapé rageusement sur mon clavier.

Dans cet état, personne ne peut écrire une seule ligne cohérente et modérée. J’ai tellement envie de crier, mais le 24 février m’a laissée aphone.

Traduit par M. KABOUS.

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Une réflexion au sujet de « Envie de crier »

  1. Il faut du temps pour se remettre de Cuba.
    Tout y est fort,la tension palpable même en période calme.
    Alors quand sortent de l’écran dans la pénombre,les douleurs poignantes de Reina Tamayo,tout cuba revient en quelques secondes.
    Crier pour faire sortir cette violence inouie qui monte alors en soi?
    C’est ce que fait Guillermo Farinas,crier au monde entier qu’il a mal,qu’il veut venger le crime,que l’assassin paiera.
    Cette violence ultime qu’il impose à son corps, n’est en réalité qu’un long hurlement de douleur!

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