Ma dernière miette de foi


Il y a plus de deux mois j’ai envoyé à diverses institutions cubaines une plainte pour détention illégale, violence policière et incarcération arbitraire. Au lendemain de la mort d’Orlando Zapata Tamayo plusieurs arrestations illégales ont empêché plus d’une centaine de personnes de participer aux activités organisées autour de ses funérailles. Je fais partie des nombreuses personnes qui ont fini dans une cellule le 24 février, jour où nous sommes allés signer le registre de condoléances ouvert en son nom. Le degré de violence utilisée contre moi, et la contravention aux procédures d’enfermement d’un individu dans un poste de police, m’ont conduit à déposer une plainte avec peu d’espoir qu’elle soit transmise à un tribunal. Pendant tout ce temps j’ai attendu la réponse tant du procureur militaire que du ministère public, en faisant l’effort pour ne pas rendre public ce témoignage révélateur, preuve douloureuse de la vulnérabilité de nos droits.
Heureusement mon téléphone portable avait enregistré le son de ce qui s’est passé ce mercredi noir, et même après avoir été confisqué il a enregistré les conversations que tenaient les agents de la sécurité de l’Etat et les policiers –sans plaques- qui nous avaient enfermés de force au poste des rues Infante et Manglar. La preuve contient les noms de quelques responsables et dévoile le caractère fondamentalement politique de l’opération menée contre les opposants, les journaux indépendants et les blogueurs. J’ai aussi envoyé des copies de ce dossier de « séquestration » aux organismes internationaux de Droits Humanitaires, de protection des reporters et à tous ceux concernés par les mauvais traitements. Plusieurs avocats de l’Association Juridique de Cuba m’ont conseillée dans cette entreprise.
Bien qu’il y ait peu de chances que cela débouche sur un jugement, les responsables sauront au moins que leurs atrocités ne restent plus cachées par le silence de la victime. La technologie aura permis que tout sorte au grand jour.

Quelques éléments pour compléter le dossier de « séquestration » :
- La voix féminine qui m’accompagne sur l’enregistrement est celle de ma sœur Yunia Sanchez
- Transcription de l’enregistrement.
- Accusés de réception du procureur militaire, du Ministère Public, de l’Assemblée Nationale du pouvoir populaire, du Poste de police où sont survenus les faits, du Conseil d’Etat et du Siège National du PNR

Traduit par Jean-Claude MAROUBY

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