Un panneau pour se couvrir


Sur le panneau: « Oui on peut, p’tain ! CTC* »

Samedi, nous avons saisi l’occasion qu’une amie allait en direction de Pinar del Río. Nous sommes partis dans sa voiture avec quelques dons pour les sinistrés du cyclone. Des vêtements et de la nourriture donnés par des gens qui possèdent peu, mais qui ont envie d’aider ceux qui possèdent moins. Cette solidarité entre citoyens , même si elle semble insignifiante à côté de celle qui peuvent offrir les gouvernements et les ONG, ne doit pas être écartée. Le destin final des objets recueillis a été le village de Consolación del Norte et les petits hameaux environnants – dont certains n’ont pas encore retrouvé l’électricité.

Sur la route, c’est surprenant de voir à quelle vitesse on a réinstallé les panneaux politiques. Ces panneaux seraient plus utiles comme toits pour les maisons que dans leur fonction actuelle de propagande idéologique. Chacun de ces posters gigantesques suffirait à couvrir un foyer dont les habitants dorment encore à la belle étoile. Vous imaginez avoir une toiture qui annonce « Les ressources sortiront uniquement de notre travail » ? S’abriter sous une telle lapalissade ne serait pas très agréable, mais au moins, on serait protégé de la pluie.

Pendant ce retour à Pinar del Rio, j’ai constaté que la récupération prendra des années, que l’espoir fait défaut et que le pire est peut être à venir, quand l’enthousiasme de l’aide passera. La police a augmenté le nombre de contrôles sur la route pour empêcher le transfert de marchandises par le marché noir. Une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui dépendent, d’une manière large, des vendeurs qui frappent à leur porte. Une campagne intense contre le détournement de ressources, les prix élevés aux marchés agricoles et contre tous ceux qui propagent des rumeurs négatives nous prévient de ce qui peut arriver. Nous savons tous que ces offensives commencent par attaquer ce qui est illégal, puis qu’elles évoluent jusqu’à restreindre le peu d’espace pour les opinions et finissent par persécuter jusqu’aux vendeurs de cacahuètes. Notre condition de « place assiégée » s’accentue. Je ne serais pas donc surprise par l’apparition de quelques procès pour l’exemple, au nom de la « conservation du socialisme ».

Ces deux ouragans nous ont laissés figés dans un tableau que nous connaissons déjà. Celui d’un État qui essaie de résoudre par le centralisme, le contrôle, les menaces légales et une main de fer, ce qu’il devrait solutionner avec l’ouverture, l’espace pour l’initiative privée, les libertés et réformes.

Tous les panneaux politiques, dans les zones les plus touchées, ont déjà été remis en place.

À Consolación del Norte, des foyers attendent encore les matériaux de construction.

Il faut bien saisir la nourriture… qui fait défaut.

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*CTC: Centrale des Travailleurs de Cuba. Organisation de masse officielle qui regroupe les syndicats. L’appartenance a cette organisation se fait de manière « volontaire », ainsi, environ 96% des travailleurs cubains en sont membres. (Note de Traduction).

Traduit par Susana Gordillo et Pierre Haberer.

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2 réflexions au sujet de « Un panneau pour se couvrir »

  1. estimados todos,

    Me parece que no solamente la situacion esta dura dura con los cyclon por ese los cubanos tiene ya experiencia, lo que me duel mas son los demas problemas como no dejar la ayuda intenacional hablanado solamente de ayuda personnal, es un crime de deja el pueblo cubano asi en este situacion,
    Un furete abarzo a todos los hermanos de la isla

    saludo de la tierra de los derechos humanos,

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