L’impunité des fous

 

Un grand fou donne des coups de pied aux voitures au milieu de la rue Ayestaran. Il porte des vêtements en lambeaux et l’on voit sur ses bras les cicatrices de la « réponse » reçue de quelques véhicules. Un autre déboussolé marche dans le centre de La Havane en insultant le président et son frère, tandis qu’une femme cinglée crache son désaccord face à trois policiers impavides.

Ils donnent envie de jouir de la même impunité que les fous. L’envie de s’arrêter à un coin de rue et de clamer « le roi est en bikini » comme le ferait un petit enfant. Mais la condition d’adulte et la santé mentale entraînent le châtiment.

Il faudra donc se comporter comme un dément ou comme un enfant.

Traduit par Jean-Claude MAROUBY.

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4 réflexions au sujet de « L’impunité des fous »

  1. je lis trés régulièrement toutes ces rubriques qui m’intéressent beaucoup. Amicalement

  2. je viens de découvrir votre blog et j’en suis particulièrement ravie car, je ne suis venue qu’une seule fois à cuba , en tant que touriste, mais c’est une ile qui m’a beaucoup touchée, que je trouve magnifique et où je rêve de retourner un jour.
    ce qui me manquait vraiment c’était de savoir, de comprendre, d’entendre, vos conditions de vies réelles
    nous avons eu l’occasion une après midi de discuter avec deux jeunes longuement dans un bar à trinidad, mais on n’en dit jamais assez, on fait toujours attention
    c’est pour nous parfois à peine imaginable de réaliser toutes les choses que vous ne pouvez pas faire et qui sont de l’ordre du commun chez nous; toutes les choses auxquelles vous n’avez pas accès et qui sont d’un accès » normal » chez nous
    continuez de parler, de nous tenir au courant, pour que nous soyons moins bête, pour que nous réalisions plus souvent à quel point nous sommes pourris gâtés, pour que nous n’oublions pas de penser aux autres, à ceux qui n’ont rien, quand nous ne sommes que des gosses de riches de la société de consommation de pays qui ont trop et ne savent plus faire le tri
    amicalement

  3. Je lis depuis peu ce blog que je trouve indispensable, intelligent, poetique, créatif.Je remercie vivement tout ceux qui y participe et en particulier sa rédactrice en chef.
    Je fréquente Cuba depuis une dixaine d année, j ai eue l occasion de visiter les asiles , la folie est la même partout, les fous et les enfants ont toujours étaient des indicateurs puissant d une societé, ils restent libres….

    Faut- il e^tre fou pour etre libre? ça c est une sacré question

    Quand la pensée est avalée, quand l enfermement ne permet plus de se projeter que reste t il?
    Les saveurs du corps, le gout pour la danse , la musique.Cuba en est l exemple.
    Cuba malgré ses fous, malgré ses privations ; ses manques, malgré sa folie, a su garder le gout pour la vie, dans cette prison insulaire subsiste une force vital peu commune, un lien social inégalable.
    Je n ai pas d opinion politique, je suis bien sur pour la liberté; mais les fous existent même dans nos pays dit démocratiques, des personnes dans ma rue sont privés des besoins élèmentaires, des femmes seules avec enfants peuvent se retrouver du jour au lendemain sans logement, sans moyen pour subsister.

    Cuba m a fait réfléchir sur toutes ces questions, Cuba m a séduite, Cuba a changé ma vie, aujourd hui je tente de faire un film , un poeme en image dédié a ma rencontre et l experience qu elle ma fait traverser depuis ces quelques années.

    La folie est aussi une sauvegarde, un moyen d échapper à la mort psychique , à l intolérable, c’est une sortie , une échappée , quand rien d autre n est possible…..;

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