Brève rencontre avec Mariela

À Miguel, qui rêve encore d’être une femme sociale-démocrate.

Hier, je me suis rendue à une conférence sur la sexualité donnée au musée de Beaux Arts. Depuis deux semaines, un cycle sur l’art érotique s’y déroule, accompagné de films et de débats. Ce mardi, c’était le tour du sujet de l’intégration des transsexuels dans la société et des préjugés qui subsistent toujours envers eux. Ainsi, en route vers Alamar – où a lieu ces jours-ci le festival de Poésie sans Fin – je me suis faufilée dans l’hémicycle de l’ancien Centre Asturien.

Après la conférence, j’ai eu l’occasion de poser une question à Mariela Castro*, question qui me traverse à chaque fois que j’entends parler de tolérance envers les préférences sexuelles. Je ne comprends toujours pas qu’on laisse le droit à autrui de choisir avec qui il fait l’amour tandis qu’on continue à lui imposer une monogamie idéologique. Si des concepts tels que « malade » sont déjà bannis des études sur l’homosexualité, pourquoi utilise t-on encore l’adjectif «contre-révolutionnaire » pour parler de ceux qui pensent d’une façon différente ? Pour moi, traiter quelqu’un de « pédé » est aussi grave que d’appeler un mécontent « ver de terre »**.

Aujourd’hui étant le jour où ces droits devraient être au centre de l’attention de tous***, je voudrais vous montrer une petite vidéo avec ma brève rencontre avec Mariela. Le son n’étant pas terrible, j’ai ajouté la transcription du dialogue pour ceux qui n’arriveraient pas à tout comprendre.

Mariela: … Inclure le traitement des personnes transsexuelles dans ce qu’on appelle le droit. Nous ne demandons rien de plus.

Yoani: J’aimerais demander si toute cette campagne, cette lutte qui se mène depuis la société même pour accepter les préférences sexuelles ne pourrait pas, à un moment donné, passer à d’autres domaines. On lutterait ainsi pour la tolérance dans d’autres aspects, comme les opinions, les préférences politiques et idéologiques. Pourra t-on aussi sortir de ces placards ?

Mariela: Je ne sais pas, car je ne travaille pas dans ce domaine. La politique est en dehors de ma responsabilité. Et je crois faire du mieux que je peux avec mes capacités.

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Notes de traduction:

Mariela Castro Espín : Fille de Raúl Castro et de Vilma Espín. Elle est la directrice du Centre national d’éducation sexuelle de Cuba.

Ver de terre, « gusano » – Terme employé par Fidel Castro pour qualifier les Cubains ayant fuit son régime, puis étendu à tous ceux qui s’opposent à sa volonté. Ce terme méprisant a été repris – par imitation, ignorance ou adulation – par ceux qui le suivent.

10 décembre 2008 – 60ème anniversaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme.

Traduit par Susana Gordillo et Pierre Haberer.

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3 réflexions au sujet de « Brève rencontre avec Mariela »

  1. Queridos Susana y Pierre:

    Gracias por vuestras traducciones. Me ofrecí a nuestra común amiga para traducir al FR, pero entre que estaba ocupado y también buscando a un francófono para que me corrigiera mis traducciones surgisteis vosotros… que lo hacéis muy bien.

    Un abrazo alsaciano.

    Juan

  2. Félicitations à Yoani pour ses textes ainsi qu’à Susana, Pierre et Jean-Claude pour leurs superbes traductions. C’est un plaisir immense de lire les textes de Yoani autant en langue espagnole que française ! Bon courage et bonne continuation ! Un lecteur assidu de Belgique francophone.

  3. Merci à vous tous qui nous lisez et qui faites connaître le site !

    Saludos,
    Susana.
    :-)

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