L'avantage du casse-croûte


Je souhaite entonner une ode au casse-croûte quotidien que reçoivent les gardiens et le personnel de sécurité de certains organismes d’Etat. Le petit pain au jambon-fromage et la boisson gazeuse qui l’accompagne sont la raison pour laquelle des milliers de Cubains restent dans leur emploi. Sans le revenu qu’apporte la revente de cette collation beaucoup auraient définitivement abandonné leur emploi. Une des premières questions que l’on pose lorsque l’on recherche un emploi n’est pas le montant du salaire –purement symbolique et dans tous les cas insuffisant- mais tourne autour de l’existence ou non du casse-croûte. La possibilité de le revendre à vingt pesos cubains permet au travailleur de doubler ses revenus, même si pour cela il doit s’abstenir de manger le repas pourtant nécessaire.
On trouve partout, présentés discrètement mais faciles à repérer pour ceux qui les cherchent, la bouteille de Tropi Cola et le sandwich enveloppé de cellophane. On les voit à l’entrée des centres de téléphone, derrière les portes vitrées des banques, dans les guérites de gardiens à l’entrée des ministères, dans les points de vente des billets de bus, à l’intérieur des musées et même dans les cybercafés qui offrent leur Internet à bas débit à des prix élevés. Dans tous ces lieux qui ont besoin d’être gardés, surveillés, protégés, il y a quelqu’un qui se voit obligé de revendre son casse-croûte pour subsister. Quelques tranches de jambon et d’autres de fromage peuvent faire la différence entre aller chaque matin au travail ou rester à la maison.
Traduit par Jean-Claude MAROUBY

Advertisements

Une réflexion au sujet de « L'avantage du casse-croûte »

  1. Eh bien non trop beau pour etre vrai Castro à refusé la main tendue. Il refuse de réintegrer l’organisation des amériques. Peut étre que le tapis rouge n’était pas déroulé! comment repartir sur de nouvelles bases dans de telles conditions ?

Les commentaires sont fermés.