Médaillés de rouge


Il est un sport que l’on pratique beaucoup chez nous mais dont les statistiques et la fréquence ne sont mentionnées nulle part. Cette discipline sportive consiste à rendre sa carte du parti communiste et beaucoup de mes compatriotes s’y sont préparés depuis des années. Le plus important consiste à entraîner son jugement, de façon à trouver le moment adéquat pour interrompre l’assemblée et dire « Camarades, pour des raisons de santé je ne peux pas continuer à assumer la tâche que vous m’avez confiée ». Il y a ceux qui invoquent une mère malade dont ils vont devoir s’occuper, d’autres qui annoncent leur intention de prendre leur retraite pour s’occuper des petits enfants. Parmi les témoignages de ceux qui ont terminé leur vie militante, peu avouent honnêtement avoir cessé de croire aux préceptes et principes imposés par le Parti.
Je connais quelqu’un qui a découvert une nouvelle façon d’en finir avec les réunions, les votes à l’unanimité, les appels à l’intransigeance et les fréquentes mobilisations du PCC. Tel un boxeur entraîné à supporter les coups jusqu’au son de la cloche il s’est rendu à ce qui devait être sa dernière réunion avec le noyau du parti de son lieu de travail. Il a surpris tout le monde par la nouveauté de ses arguments, véritable swing du gauche auquel personne ne s’attendait. « Chaque jour je fais mes achats au marché noir pour nourrir ma famille et c’est quelque chose que ne doit pas faire un membre du Parti communiste. Comme il me faut choisir entre remplir l’assiette de ma famille ou respecter la discipline de cette organisation, je préfère démissionner. » Tous autour de la table l’ont regardé incrédules, « Mais Ricardo, de quoi parles-tu ? Ici la majorité d’entre nous achète au marché noir ». Le « coup » qu’il préparait mit une fin rapide au round. « Ah bon…Alors je m’en vais car je ne veux pas appartenir à un parti de simulateurs qui disent une chose et en font une autre ».
Le petit livret rouge, portant son nom et son prénom est resté sur la table à laquelle il n’est plus revenu s’asseoir. La médaille du vainqueur c’est sa propre femme qui la lui a donnée quand il est rentré chez lui. « Enfin tu t’es libéré du Parti » lui a-t-elle dit pendant qu’elle le gratifiait d’un baiser et lui tendait la serviette.
Traduit par Jean-Claude MAROUBY

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11 réflexions au sujet de « Médaillés de rouge »

  1. Y a t’il assez de personnes ayant le courage de réagir de la sorte? quoiqu’il en soit bravo à tous ceux qui ont ce courage.

  2. Peu importe la forme, c’est le fond qui compte. Et même en mentant il en faut du courage pour décider de quitter le parti ! Combien partent ? Combien arrivent ?

  3. je suis allé à Guanabo en 2004 et je n’en croyais pas mes yeux: des autoroutes sans éclairage le soir, des gens poussant des moskovitchs en panne, des rues (à la havane) avec des trous immenses, l’eau courante sans pression car les fuites d’acqueduc sont trop nombreuses. On dirait vraiment que rien n’a bougé dans ce pays depuis 1959. Les habitants ne peuvent pas manger de langoustes, ce sont pour les touristes. Tu es considéré comme 2ième classe dans ton propre pays! Ce qui est le plus aberrant et difficile à imaginer pour un nord-américain, c’est que tout un pays est dans une immense prison et on n’en sort pas vivant! la Chine remporte cependant la palme dans ce domaine. Donc, plus d’un milliard et demi de personnes ne peuvent sortir de leur pays. C’est infiniment triste mais ça va surement changer, je l’espère de tout mon coeur. Félicitations pour ce blogue très courageux et continuez votre travail essentiel au retour de la démocratie et du bon sens.

  4. Bonjour,

    Je viens de découvrir votre blog. Quelle liberté dans vos commentaires ! Compte-tenu de la description que vous faites de l’espace de liberté qui vous serait chichement octroyé, vous en prenez bien à votre aise. J’en conclus que, ma fois, votre liberté d’expression ne subit pas vraiment de censure, et vous m’en voyez réjoui ! Dans ce pays qui est le vôtre et que vous décrivez comme une prison en plein air, laissée à l’abandon, délabrée, lézardée, livrée à la corruption et à la prostitution la plus sordide où de misérables zombies errent à la recherche d’un os à ronger, je l’ai moi-même parcouru seul avec mes propres moyens, de Baracoa à Maria la Gorda, en passant par Santiago, Holguin, Camaguey, Cienfuegos, Santa Clara, la Havane. J’ai traversé de nombreux villages, je me suis arrêté chez vos compatriotes, j’ai partagé leurs repas, j’ai travaillé avec eux, je les ai suivis dans les plantations de tabac et de cannes à sucre, j’ai admiré vos palmiers royaux, découvert le trogon flamboyant sur une branche, perché, j’ai respiré la marie-posa. J’ai vu des côtes d’une beauté sauvage s’étirer à l’infini sous des cieux dégoulinant d’or, j’ai vu des femmes et des hommes pauvres avec des sourires éclatants car ils ignoraient la misère, j’ai vu leurs petites maisons propres et rangées, d’un bleu délavé près desquelles du linge blanc séchait, j’ai vu des enfants jouer le soir sous le regard protecteur d’un père et d’une mère se balançant sur de vieux fauteuils à bascule. J’ai entendu de vieilles bagnoles pétarader et cracher leurs fumées noires et âcres, j’ai pesté contre les camions déglingués qui roulaient trop vite sur des routes défoncées. J’ai aimé ces jeunes danseurs de l’opéra de Camaguey, en répétition, disciples de la sublime Alicia Alonso. Leur générosité, leur simplicité, leur disponibilité, leur joie de vivre m’ont enthousiasmé. J’ai assisté par hasard à des réunions politiques de quartiers. Dans aucune de ces assemblées, il n’y avait d’agressivité, pourtant les critiques fusaient, les discussions étaient passionnées. Combien de cubains ai-je pris dans ma petite voiture pour les rapprocher de chez eux et leur faire gagner du temps et de la fatigue ! Ah, les transports en commun !
    Les critiques sont une nécessité et les cubains ne s’en privent pas mais il y a une chose que j’ai rencontré dans votre pays, c’est l’espoir et la détermination. Tous sont impatients et la jeunesse plus encore que les autres (qui ne le serait pas ?), tous veulent mieux vivre, tous me parlent de la gratuité des soins, de l’école pour tous, de la formation artistique, tous me disent manger à leur faim, vouloir voyager, beaucoup s’agacent de la bureaucratie, tous aspirent comme vous au changement mais tous savent fort bien qu’ils ne le pourront que lorsque le blocus sera levé, cet embargo criminel qui engendre tous les vices. Ceux qui l’ont instauré puis renforcé sont des stratèges de la manipulation. Vous avez choisi de ne montrer de votre pays que ses défauts, d’ignorer le combat incessant contre l’hégémonie étatsunienne que doit livrer votre pays (sans cette vigilance il arrive ce qui arrive au Honduras), c’est votre choix de jeune femme impatiente et lasse, mais au moins ne livrez pas aux chiens 50 ans de résistance acharnée qui ont fait la gloire de vos aînés et la fierté de votre peuple. Rien n’est plus beau et plus exaltant que d’aider à reconstruire son pays surtout quand certains et non des moindres s’acharnent à vouloir le détruire par les moyens les plus pervers. Battez-vous pour faire cesser l’ignominie d’un blocus d’une violence inouïe qui n’a pas d’équivalent dans le monde. Après mais seulement après je partagerai votre enfer.

    Fraternellement,

    Michel TAUPIN
    Paris (France)

  5. Article envoyé à France 5 après le reportage de S. MOATI sur CUBA
    Vous ne pouvez pas ignorer ce film puisque vous y avez participé

    M. Moati,

    Permettez-moi de ne pas vous emboîter le pas tant votre déambulation dans cette bellle ville de La Havane est empreinte de clichés éculés et de « petites manœuvres », dans une démarche éditoriale qui se veut bonhomme et naïve. Vous avez bien sûr tout à fait le droit de critiquer le régime Cubain mais faites-le au moins en respectant l’histoire et le parcours de ce petit pays et de son peuple qui se battent depuis si longtemps pour essayer de construire l’idéal de société qu’ils se sont choisi. Votre film m’a choqué sur bien des aspects, à la fois sur la forme et le fond et par une dialectique spécieuse :

    D’abord vous adoptez le style « caméra cachée » à l’aide d’un petit camescope où l’on vous voit souvent en plans éloignés. C’est discret, ça permet de filmer sans être vu, de « voler » des images, d’apparaître clandestin dans un pays « fliqué ». Puis vous faites semblant d’errer en solitaire dans La Havane comme un gentil touriste qui s’étonne de tout. Cette balade, malgré votre bonne volonté, ne vous amène pourtant à ne découvrir qu’une ville où séviraient prostitution, pauvreté, mendicité, où les gens rechercheraient inlassablement de quoi manger, où la jeunesse désoeuvrée serait déboussolée, où les habitations lépreuses n’abriteraient qu’une faune désoccupée, témoignages que vous suggérez être les produits d’une politique qui aurait fait faillite depuis longtemps mais dont les responsables se maintiendraient par le musellement de tout un peuple. M. Moatti, ne confondez pas Cuba avec la Birmanie ! Et puis-je vous souffler que ces prétendus stigmates ressemblent fort à ceux d’une « démocratie » occidentale ?
    Il n’est pas question de nier les difficultés majeures de ce pays mais aurait-il fallu, pour une information objective, en rappeler les causes, toutes plus infâmes et criminelles les unes que les autres et qui lui sont toutes extérieures, forçant ses dirigeants à faire des choix budgétaires draconiens et déchirants. Ne jouez pas avec l’impatience de tout un peuple, avec les désirs et les aspirations légitimes de sa jeunesse; de ne pouvoir les réaliser, ils souffrent déjà trop !
    M. Moatti, du haut de votre bonhomie quelque peu sentencieuse, vous auriez pu esquisser l’idée que si la pauvreté existe à Cuba, la misère, elle, en est exclue, que chacun a un toit, que chaque paysan a son lopin de terre, qu’il n’y a pas de SDF, que personne ne meurt de faim, que tous les enfants vont à l’école gratuitement, que chaque citoyen peut avoir accès à une formation artistique, que les soins même les plus sophistiqués ne coûtent rien, que ses vieux ne sont pas abandonnés et que Cuba est toujours en guerre comme l’a rappelé fort à propos l’un de vos interlocuteurs….
    Enfin, que dire de votre quête rocambolesque d’une interview de blogueuse qui est tout simplement anti-gouvernementale, qui n’est pas en prison, qui affiche clairement son identité sur son blog, qui écrit ce qu’elle veut et se déplace comme elle veut ! Quelle drôle de clandestinité ! Vous allez même jusqu’à filmer un policier que vous frôlez pour tenter de faire croire qu’elle est étroitement surveillée. Dérisoire !

    Donnez-moi une caméra Monsieur Moatti, et je vous garantis de vous fabriquer un reportage sur notre démocratie exemplaire (exempte, elle, de tout embargo et en paix avec ses voisins) qui vous fera trembler d’effroi en vous montrant la misère qui s’étend, des SDF qui crèvent, des mendiants de plus en plus nombreux et de plus en plus jeunes, la prostitution qui prospère, le chômage qui explose et anéantit, l’errance de nos jeunes sans avenir, la violence inouïe des inégalités, la paupérisation galopante des travailleurs, la faim qui tenaille, le gaspillage des ressources naturelles, la richesse insolente de castes privilégiées, les quartiers populaires qu’on abandonne à la désespérance, les immeubles estropiés, dégradés, les champs en friches, les censurés de tous poils à la sauce démocratique. Que penserez-vous alors de la démocratie française ?

    Aussi M. Moatti, sous votre aspect débonnaire accentué d’une touche de snobisme, ne faites pas semblant de vous demander ce que va devenir Cuba. Demandez-vous plutôt d’où vient Cuba ! Observez le chemin parcouru ces cinquante dernières années, chemin cahoteux sans cesse canardé, semé d’embûches, criblé de coups fourrés, attaques pernicieuses auxquelles ce petit pays a dû vaillamment riposter, l’obligeant à mobiliser une grande partie de ses maigres ressources pour défendre, contre ses agresseurs, ses choix légitimes; regardez-le survivre ce petit pays pacifique, étranglé par un embargo unique au monde par sa violence, où se mêlent les cultures et où les couleurs de peau sont une richesse, regardez-le avec admiration et bienveillance résister seul, en chantant et en dansant, pendant des décennies, à une folle adversité; remerciez-le d’avoir protéger son environnement, de ne pas avoir bétonné ses côtes et de vous offrir ainsi des panoramas grandioses ! Que pouvez-vous lui reprocher M. Moatti à ce petit et beau pays de Cuba qui n’a jamais agressé personne ? Rien, sinon d’avoir eu l’audace de faire un choix de société différent trop près du « Tout Puissant » et de l’avoir défendu avec tant d’acharnement et d’abnégation qu’il peut espérer aujourd’hui en sortir très affaibli mais vainqueur ? Ecoutez son coeur battre à l’unisson, dans la ferveur d’un 1er mai place de la révolution !

    Vous comprendrez peut-être alors ses immenses difficultés, ses erreurs évidemment, ses fautes sans doute, et ses nombreux succès aussi, mais surtout vous sentirez la détermination inébranlable de tout un peuple, à persévérer dans le choix qu’il a fait. Et aujourd’hui encore plus qu’hier, depuis que son mur d’isolement craque de toute part, s’effondre, lui permettrez-vous enfin de s’engager sur un chemin déminé et sous d’heureux auspices ? Alors, aidez-le au contraire à se réaliser, car Cuba est unique et source de nouvelles espérances. Aidez-le en l’aimant sans exclusive, en respectant ses choix, en lui accordant du temps et en le laissant en paix poursuivre son chemin vers son idéal ! Après, mais après seulement aurez-vous tout loisir de le blâmer.

    Si, comme vous l’affirmez dans une interview à France 5, montrer la beauté de La Havane était votre objectif, votre reportage dont je me réjouissais par avance s’en est malheureusement fort éloigné, tombant dans les travers habituels des bien-pensants, provoquant en moi un vrai malaise et une réaction d’humeur que je tenais à vous faire partager.

    Respectueuses Salutations,

    Michel TAUPIN

  6. Bonjour M. Taupin,

    Vous avez toute la liberté du monde de voir ce que vous voulez voir, de penser qu’à Cuba il y a liberté d’expression, de croire à la gratuité de l’éducation et du service médical, de rater les SDFs, de blâmer le blocus et les États Unis de tous les maux de cette terre… Mais au moins, évitez de nous dire pour quoi on doit se battre et sur quoi on doit écrire, et surtout, épargnez nous vos jugements sur Yoani Sanchez. Nous n’avons aucune besoin de votre paternalisme moralisateur et arrogant, le discours de nos gouvernants nous suffit largement.

  7. Susana,
    Quand on écrit des choses sur son propre pays que le monde entier peut lire, ne soyez pas étonnée que des étrangers se permettent de critiquer le fond de ces articles. Je ne sais pas qui vous êtes. Moi, je m’adresse à Mme Yoani Sanchez. Peut-être êtes-vous sa rédactrice ? Si c’est le cas, il semble que vous prenez ombrage de ma réaction, n’aimeriez-vous pas la contradiction ? Pourtant, je ne fais qu’effleurer un sujet que je prétends comme vous connaître assez bien. Je ne suis pas aveugle et Cuba a bien des défauts. Vous avez toute la liberté du monde pour ne raconter que ce que vous voulez voir. Votre diatribe n’est pas digne d’une discussion intelligente. Epargnez-moi les termes classiques d' »arrogance », de « paternalisme », de « moralisateur », etc… qui n’ont d’autres fonctions que d’évacuer le sujet. Vous semblez détester le dialogue, c’est dommage pour une opposante qui se veut chantre de la démocratie. Tant pis, j’aurai essayé et permettez-moi de vous dire que si vos dirigeants sont comme vous le dites, vous leur ressemblez fortement.

    A bientôt,

    Vive Cuba !

    Michel TAUPIN

  8. Je trouve que votre discours n’est pas seulement paternaliste, moralisateur et arrogant, mais aussi fortement manipulateur. Par exemple, de quel droit accusez vous ceux qui montrent la réalité de Cuba de « livrer aux chiens 50 ans de résistance acharnée et bla, bla, bla » ? C’est de la manipulation même pas subtile, bien émotionnelle et bien culpabilisante. La référence constante aux Etats Unis comme source de Tout le Mal est obsolète. Et la longue liste des défauts de la démocratie française ne va surtout pas résoudre nos problèmes.
    Si vous voulez une carte postale de la Havane, vous n’avez qu’à prendre une caméra et aller filmer vous-même ce que le gouvernement vous permettra de filmer.
    Vous ne me trouvez pas digne d’une discussion intelligente, et bien tant pis. Je vous invite à lire les autres posts de ce site, où vous trouverez des arguments et des vécus qui vont à l’encontre de votre vision de Cuba, de ses gouvernants et de ses habitants. Une vision moins héroïque, moins jolie, avec des mots moins ampouleux que les votres, mais beaucoup plus réelle et plus humaine.

    Vive Cuba, oui, sans dictature !

  9. Pas de chance, j’ai enregistré 40h de film durant mes voyages à Cuba et ce, mais sans doute est-ce à vos yeux un mensonge, sans avoir subi la moindre contrainte, la moindre intervention de qui que ce soit. J’étais libre comme l’air, étonnant non dans votre « dictature » ! J’ai parcouru votre pays en voyageur observateur, pas en touriste, loin des clichés dont vous me croyez aveuglés et qui ne sont pourtant pas à négliger puisqu’ils façonnent aussi l’identité de Cuba. En décidant de réagir à vos textes, je pensais que vous aviez dépassé le stade du conformisme un brun puéril. Si je fais référence à la politique des E-U contre Cuba, c’est parce que vous, vous la passez délibérément à la trappe, et c’est déjà occulter au moins la moitié de la vérité. Aussi est-ce plus facile ensuite de rejeter toues les difficultés de Cuba sur ses dirigeants que je n’absous pas pour autant. En me traitant de manipulateur, précédé et suivi d’un cortège de termes plus ou moins provocateurs et quelque peu belliqueux, que ne renierait pas un dictateur digne de ce nom, vous masquez la pauvreté de votre argumentation, c’est vraiment dommage ! Dans les débats télévisés, ceux qui veulent toujours avoir raison, procèdent ainsi. Il me semble que mon expression que vous trouvez ampoulée (et non ampouleuse !), vous agace, mais je la préfère de loin à vos propos agressifs. Quant au droit que je m’arroge de vous reprocher (et non de vous accuser, ce forum n’est pas un tribunal, non ?) »d’oublier » l’histoire, et qui semble tant vous insupporter, il résulte uniquement de ma conception du débat en démocratie : c’est mon droit un point c’est tout, et nul démocrate ne devrait s’en étonner ni me le reprocher ! Malgré tout je continuerai à réagir à vos articles avec toute ma passion en espérant que vos arguments ne s’arrêtent pas aux problèmes d’éclairage sur les autoroutes, les voitures en panne, les langoustes réservées aux touristes, etc… (voir internaute). Ce serait plus que navrant !

    Bien à vous,

    Vive Cuba !

  10. Je vous rappelle d’abord que le français n’étant pas ma langue maternelle, cela serait plus facile pour moi de dire lenguaje ampuloso que de chercher le mot juste en français. Je vous remercie quand même de vos corrections. Je vous félicite aussi de vos 40h de film sur Cuba, et je n’y vois aucun rapport avec la chance.

    Voyons un peu du côté de ce que vous appelez « occulter au moins la moitié de la vérité ». Si, par exemple, vous prenez votre caméra ou votre clavier pour montrer la réalité des prostituées de Pigalle ou des SDF du canal Saint Martin, toujours pour mettre des exemples… Et si je vous accuse alors de jeter quoi que ce soit aux chiens, en vous dissant en plus que vous devriez, à la place, parler de l’excellence du système de santé français (à la Michael Moore) ou filmer plutôt la beauté de la tour Eiffel, comment réagirez vous ? Si vous décidez de parler que des banlieues et leurs problèmes, aurais-je le droit de vous accuser de cacher une partie de la réalité française?

    En attendant votre réponse je me permets de poser mon « hypothèse ». Étant donné que la France est une démocratie, certes imparfaite, on n’a pas besoin de mêler une puissance étrangère quelconque dans l’histoire, afin de la faire porter la blâme de Tout le Mal. C’est-à-dire, des croque-mitaines diverses et variés pour faire peur aux gens et culpabiliser les opposants. Par contre, dans des pays comme Cuba, l’Iran ou la Corée du Nord, les allusions aux Etats Unis sont constantes. On n’a pas le droit d’accuser les gouvernants et leur politique, sous peine d’être accusé de traître. Ne s’agit-il pas de la manipulation ?

    Si vous pensez que nos arguments se limitent « aux problèmes d’éclairage sur les autoroutes, les voitures en panne, les langoustes réservées aux touristes, etc… », et bien, je doute bien de votre volonté de vous informer sur notre pays, et je me demande même si vous avez pris la peine de lire les posts de ce blog. Ceci dit, il est aussi tout à fait valable de parler des autoroute en panne, des langoustes réservées aux touristes et de tout autre etc de notre choix.

    Vos commentaires sont toujours les bienvenus.

  11. Avant tout je voudrai dire qu’il est facile pour nous européens de juger,le cul confortablement installé dans notre petite vie. Moi aussi je suis allé à Cuba, je suis allé au devant des Cubains, j’ai fait des rencontres inoubliables et je suis tombé amoureux des Cubains et du pays. Pourtant à une certaine époque j’ai idolatré Castro, le Che, la révolution, et puis les discussions avec les Cubains m’ont interpellé. En rentrant j’ai éprouvé le besoin de prendre un peu recul, de me documenter. je vous recommande d’ailleurs fortement le livre: »le jour ou Castro à pris le pouvoir » d’Alain AMMAR, écrit surtout gràce à Huber MATOS un des principaux acteurs de la révolution. Moi aussi en tant que touriste je me suis senti libre de circuler, mais comment réagirions nous aprés 50 ans de dictature et de privations en tout genre? Car seuls les sourds et les aveugles n’y verraient pas là une dictature. Alors bravo Yoani pour ton courage, et merci de nous faire partager tes mots d’humeur.

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