Rue San Làzaro

Saint Lazare est le saint des plaies et des chiens ; on le fête le 17 décembre. Une grande rue du centre de la Havane porte son nom, elle-même pleine de cicatrices et d’animaux abandonnés. Elle n’a pas la magie du Malecon qui longe le front de mer, et entre ses façades aux peintures dégradées s’organise la vie de milliers de gens. Pendant plusieurs années elle a été mon itinéraire habituel pour aller vers le Vedado ; c’est pourquoi je lui porte l’affection des endroits que l’on connaît bien. La parcourir, c’est faire une incursion dans la Havane authentique, celle que les publicités touristiques s’acharnent à nous montrer sous d’autres couleurs.
Il y a quelques semaines j’ai tourné cette vidéo que je vous présente aujourd’hui, parce-que j’ai le pressentiment qu’un jour je passerai dans cette rue et que tout y sera différent. Ma prémonition ne vient pas -cette fois- de mon pessimisme ni de la crainte de voir plus de la moitié des maison démolies avant d’être réparées. San Lazaro guérira et se débarrassera des couleurs ocre qui l’habillent aujourd’hui. Je serai là avec ma caméra pour vous la montrer alors.
Traduit par Jean-Claude MAROUBY
*Musique extraite du disque « Libre » de Boris Larramendi

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Une réflexion au sujet de « Rue San Làzaro »

  1. Pour Yoani et vous tous de la traduction. Je suis immensément heureuse d’avoir l’adresse du blogue. En regardant les images, je ressens une émotion immense. Car j’ai vécu plusieurs semaines dans les familles Cubaines, et tout ce que je lis et beaucoup d’autres choses, les gens de la Havane m’en ont informé. Dans la rue San Lazaro, en juin 2008, une batisse de 6 étages s’était effondrée dans la rue, quelques semaines auparavant. 56 personnes ont vécu 10 jrs dans la rue avec leur meubles. Pas de place pour les loger. Cuba est maintenant plus mon pays que le Québec. Bravo à Yoani et à tous ceux qui l’aident. J’ai suivi sur Yahoo Cuba, ce qui s’est passé l’an passé pour son blogue. Je reçois des nouvelles tous les jours. J’y ai beaucoup d’amis. J’ai fait ce que je pouvais, en leur achetant des meubles et surtout de la nourriture. Je ne suis pas encore assez bonne en Espagnol pour écrire tout ceci. On ne parle pas souvent de Cuba. Le touriste d’hotel ne sait pas ce qui se passe vraiment. Il faut vivre avec le peuple et leur montrer qu’ils peuvent nous faire confiance. J’y suis allée 18 fois et depuis 2 ans, je suis questionnée très longuement. Pourtant, je n’ai que de l’admiration et de l’amour dans mes bagages. Merci mille fois. J’aimerais vous connaitre, Yoani. Giselle

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