Dire "non"

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Un présentateur de télévision a donné son nom à un amusant objet décoratif en forme de chien que l’on pose à l’intérieur des voitures. Acquiescer tout le temps a valu à cet animateur d’être comparé aux peluches qui bougent la tête à chaque secousse de la carrosserie comme si elles voulaient dire « oui ». Le personnage en question est toujours d’accord avec ce que disent ses chefs, à tel point que son cou s’agite comme un ressort lorsqu’il dirige l’une des émisssions aux plus faibles records d’audience de la télévision cubaine.

Une amie mexicaine m’a offert cette tortue qui dit « non » et me rappelle les refus que les citoyens que nous sommes n’ont jamais pu exprimer en public. Au rythme de ce sympathique chélonien, j’aimerais souligner tout ce que je désapprouve mais que l’on ne me permet pas de dire avec un bulletin de vote. Bouger la tête de gauche à droite quand on n’est pas d’accord a plus de valeur qu’être affirmatif ou d’accord tout le temps. Le sport qui consiste à dire « oui » a coûté trop de pertes à ma génération, qui supporte le poids des consentements et des compromis acceptés par nos parents.

Nous pourrions commencer par dire « non » au centralisme, à la bureaucratie, au culte de la personnalité, aux interdictions absurdes et à la gérontocratie. Je bougerais comme un ventilateur qui oscille de droite à gauche si quelqu’un me demandait si le Cuba d’aujourd’hui ressemble à celui que l’on me promettait lorsque j’étais enfant. Ma désapprobation ne sera pas retransmise à la télé et ne me vaudra pas les petites tapes complaisantes de quelque chef, mais au moins elle n’est pas automatique comme le « oui » du petit chien en plastique que l’on voit derrière les pare-brises.


Traduit par Jean-Claude MAROUBY

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2 réflexions au sujet de « Dire "non" »

  1. Félicitations pour votre courage et votre beau travail.J’ai lu un article dans le Sélection du Reader’s Digest de juillet et je visite votre site pour la première fois ce matin.Rien n’est exagéré bien au contraire.

    Je suis mariée à un cubain depuis 3 ans et j’ai constaté,la télévision filtrée,les journaux censurés,les conditions pénibles de vie pour les cubains où chaque jour est un défi de survie,le vol et la corruption généralisés….

    Continuez votre beau travail pour que le monde sache que Cuba,c’est autre chose que la pub merveilleuse qu’on nous montre à la télé pour touristes seulement.

    Lise L.

  2. Estimada Yoani,
    Conozco tu nombre desde 2 anos pero que ahora, conozco tu blog. Félicitations pour votre courage! Je suis allée à la Habane 16 fois, ai vécu avec les familles la plupart du temps et je sais ce que vous vivez. J’ai beaucoup d’amis. J’y ai meme ‘une équipe de beisbal’ de petits garçons de 3 ans et plus à qui j’ai apporté des balles, des gants et des batons de baseball. Mais, quand cela finira-t-il? Je projette d’y retourner bientot, que pourrais-je faire pour vous aider ici au Canada, ou la-bas. J’aimerais vous rencontrer meme si je risque d’etre suivie. J’ai déjà été suivie car j’avais un ami qui avait été militaire en sécurité. On l’a avisé de ne plus me voir. Mais je suis une ‘rebelle’ dans l’ame et en action aussi parfois. J’ai apporté un livre que vous connaissez sans doute, ‘Como llego la noche’. C’est grace à l’article dans Readers’ Digest que j’ai découvert en fin votre blog. Je suis canadienne de Montréal. Cuba a besoin de vous. Trop de touristes dans les hotels ne connaissent rien de ce qui se passe chez-vous. Faut les renseigner. Je vous lis très souvent. Giselle

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