Le compte reste à cinq


Le rideau rouge au fond, la table présidentielle fidèle au style soviétique et le leader au centre qui laisse à peine parler ceux qui sont assis sur les autres fauteuils. C’est ainsi que je me rappelle les congrès du Parti Communiste de Cuba qui ont justement commencé l’année 1975 où je suis née. Après le quatrième congrès qui s’est tenu en 1991, le prochain reste en attente, en partie en raison des carences matérielles qui empêchent de réunir, loger et nourrir autant de délégués. Toutefois, j’ai toujours pensé que ces retards étaient révélateurs de l’inconsistance de ce que dit l’article 5 de la Constitution cubaine : « Le parti (…) est la force dirigeante supérieure de la société et de l’Etat ». Le retard à établir des directives et des plans était la preuve que le pays était gouverné sous une autre forme : plus personnelle, plus réduite à la volonté d’un homme.
Je ne suis donc pas surprise de voir à nouveau repoussé le sixième congrès du PCC, déjà éloigné de douze années du précédent. En fin de compte, les dynasties n’ont pas besoin d’idéologies ni du consensus des membres d’une organisation avec principes et statuts, et encore moins de la nécessité de suivre la ligne de conduite que leur tracerait un rendez vous partisan. Pour improviser, donner des ordres d’en haut, appeler à la discipline et au contrôle, énoncer des truismes du style « il faut travailler la terre » et continuer à annoncer des échéances qui ne seront pas tenues, il n’est pas besoin de se réunir en congrès, de parvenir à des accords ni de se rencontrer pour prendre en compte les demandes populaires.
Traduit par Jean-Claude MAROUBY

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Une réflexion au sujet de « Le compte reste à cinq »

  1. J’ai lu un article sur vous dans Rider’s Digest du mois de juillet dernier et vous m’avez touché énormément et j’ai décidé d’aller voir votre blog. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment des hommes en arrivent à suivre un (capitaliste) chef comme Castro. Qu’arrive-t-il de ces pays qui se disent contre toutes manifestations de pouvoir absolu???? Car, selon moi il n’y a pas plu lâche et corrompu que se supposer gouvernement.Comment un si beau pays comme le vôtre peut-être si pauvre et si riche en tourisme. Ou va l’argent??? Je ne croyais pas qu’il était si difficile d’accéder pour vous à Internet ,qui, pour le monde entier est une absolu nécessité. Vous avez bien du courage et je souhaite que vous puissiez être libre d’aller ou il vous plaira. Je n’accepterais jamais que l’on m’empêche d’aller chercher un prix aussi prestigieux que l’on vous a décerné en 2008. Je ne sais toujours pas comment on peut vivre ainsi avec la peur.
    Bon courage à vous et à vos compatriotes

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