Sélections, morceaux, fragments

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Je regarde peu la télé. Je préfère les livres, les journaux ou l’ordinateur comme moyen d’avoir des informations et de me renseigner sur quelque chose. Avec le temps, j’ai appris à me méfier de ce qui est montré sur les écrans, plus encore quand il s’agit des nouvelles. Les jours où ma patience atteint des niveaux élevés, je me sers du journal télévisé de 20 heures comme exercice pour détecter ce qui se cache derrière les phrases triomphalistes. Mais je ne fais cela, je répète, que quand je suis d’humeur stoïque.

Malgré cela, j’éprouve de la peine quand je passe vers un hôtel et que je vois les touristes qui regardent ces chaînes, comme CNN par exemple, que les cubains ne peuvent pas avoir chez eux. Il n’y a pas si longtemps, je me suis embarqué dans un débat avec un péruvien qui affirmait – passionnément – que dans chaque foyer cubain on pouvait recevoir Telesur. Ce qu’il ne savait pas, peut être à cause du dépaysement,  c’est que ce qui est diffusé ici de cette chaine n’est qu’un florilège choisi pour nous. À peine deux heures d’émission, sous le nom de «Sélections de Telesur », passent le filtre serré de ce qui peut être montré, le soir, sur nos médias télévisés.

Curieusement, et malgré les coups de ciseaux, ces informations sont à des kilomètres de distance du journal « NTV »*, les infos officielles de la chaîne Cubavisión. Parfois même quelque chose passe au travers qui nie ou qui met en doute ce qui a été affirmé quelques minutes plus tôt sur le « NTV ». Je comprends alors pourquoi même Telesur ne peut pas être montré sans coupure à nos yeux avides de nouvelles. Nous devons louer des chambres d’hôtel, payées en monnaie convertible, si nous voulons regarder sans restriction cette chaine, ainsi que toutes les autres qui nous sont interdites.

* Noticiero de TV : les nouvelles de la TV (Note de traduction).

Traduit par Susana GORDILLO et Pierre HABERER.

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