Le vol de Susuki sur Taguayabon

Un pont démoli, le nom indigène et la sensation que le village de Taquayabon s’est échoué aux premières années du vingtième siècle. C’est ainsi que je l’ai vu il ya trois semaines quand nous avons apporté le virus Blogueur jusqu’à la province de Villa Clara. Les yeux ébahis de ceux qui ne s’étaient jamais assis devant un ordinateur connecté à internet, parcouraient les blogs que nous avions copiés. Leur expliquer en quoi consistait Google a été compliqué car là-bas la simple recherche d’un certificat de naissance est déjà extrêmement difficile. Imaginez-vous la surprise lorsqu’ils se sont rendu compte qu’avec un simple clic on peut lister toutes les références à un fait, une personnalité, une thématique.
Les nouvelles technologies entre des mains citoyennes, c’est le thème d’une causerie que nous avons tenue, Reinaldo et moi-même, devant une douzaine de personnes, certaines d’entre elles venues de Camajuani. Une fois que nous avons été partis est arrivé de l’autre coté un vol de motos –de marque Susuki*- a survolé la petite rue principale et les chemins de campagne. Ils ont interrogé plusieurs des participants à cette journée d’information, ils ont intimidé les plus jeunes et ont même confisqué un cheval qui –je peux vous l’assurer- n’avait rien à voir avec « l’Itinéraire blogueur ». La peur a fait retomber la bouffée d’air virtuel qui avait soufflé brièvement sur les habitants de cette région de Villa Clara. La bande des agités qui cachent leurs visages a repris son rôle et répété la rengaine selon laquelle la CIA et du Pentagone seraient derrière la blogosphère alternative cubaine. Mais le virus de World press et Blogueur a déjà pénétré l’épiderme. Le mardi plusieurs habitants de Taguayabon m’ont appelée pour me confirmer : « Nous voulons commencer à publier sur Internet ».
Traduit par Jean-Claude MAROUBY
*Les motos Susuki sont associées à la présence d’officeirs de la sécurité nationale.

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