Couleur moutarde

Une suite de terrasses, d’avenues et de rues étroites dans une reproduction en plastique peint. Une ville à échelle réduite, enfermée dans la salle de la Maquette de la Havane, quelque part dans le quartier Miramar. Quelques longues-vues de couleur jaune permettent de parcourir du regard les chemins, les coins de rue, les petites collines et la côte qui serpente. Ces lentilles grossissantes nous aident également à découvrir la coupole du Capitole vue d’en haut, ou la face cachée de la forteresse El Moro. Modèle en miniature d’une ville qui vue depuis n’importe quel bâtiment élevé se révèle infinie, mais qui est ici ramassée dans un double en miniature, enserrée sur les quelques mètres de longueur d’une table. Réplique sans tache, sans brèche ou trace d’effondrements, une capitale de carton pâte qui nous paraît cependant plus habitable et plus confortable que la vraie.

Le guide de ce musée particulier précise dès l’entrée que la maquette a été peinte de quatre couleurs différentes : marron pour les constructions de l’époque coloniale, moutarde pour celles de la période 1902 -1959, couleur os pour les bâtiments construits dans les cinq dernières décennies et blanc –vif et irréel- pour habiller les monuments et projets futurs. Tous les visiteurs et les touristes arrivent à la même conclusion : La Havane est moutarde ! Je confirme  tout en précisant un point de détail par ci par là.

Oui, ma ville est moutarde, piquante et acide, assaisonnée à l’ancienne et chaque jour plus éloignée de la modernité. Un modèle grandeur nature, que certains jours l’on aimerait fait de plastique ou de carton –comme dans la Maquette de la Havane- pour ne pas avoir à souffrir de tant de ruine.

Traduit par Jean-Claude MAROUBY

2 réflexions au sujet de « Couleur moutarde »

  1. je suis a lire le livre de tes blogues(Cuba Libre) j’ai de la peine pour toi ta famille et ton peuple,je vis au Canada ou le probléme c’est la hyper consommation….vous vous cherchez a manger, dans une ile ou tant de gens revent d’aller pour le soleil et la plage….Je salue ton courage et celui de ton peuple…..Bisous Helena

  2. Retour sur le phénomène Yoani Sánchez

    Yoani María Sánchez Cordero est une Havanaise née en 1975, apparemment diplômée en philologie depuis l’année 2000, comme l’annonce son blog. Un doute subsiste à ce sujet car lors de son séjour en Suisse deux ans plus tard, lorsqu’elle s’est enregistrée auprès des autorités consulaires, elle a déclaré avoir un niveau « pré-universitaire » comme le montrent les archives du consulat de la République de Cuba de Berne [15]. Ainsi, après avoir travaillé dans le monde de l’édition et donné des cours d’espagnol aux touristes, elle choisit de quitter le pays en compagnie de son fils. Le 26 août 2002, après s’être mariée avec un Allemand nommé Karl G., elle décide d’émigrer en Suisse avec un « permis de voyage à l’étranger » valable onze mois, face « au désenchantement et à l’asphyxie économique » régnant à Cuba .La suisse ne vous plaisait pas .

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