Une culture ignorante de l'écriture

 

Claudia Cadelo attend encore la réponse du Procureur de la Province à son dépôt de plainte pour « apartheid culturel » au dernier salon des jeunes réalisateurs. L’agent Rodney ne s’est jamais présenté pour valider ou infirmer les tristes événements de novembre 2009 et des policiers en civil surveillent la maison de Luis Felipe Rojas, sans avoir reçu de mandat judiciaire pour le faire. Ma requête auprès des tribunaux pour coups et arrestation illégale de février dernier n’a eu que le silence comme écho de la part des institutions judiciaires…. Pendant ce temps, Dagoberto Valdès attend toujours qu’on lui explique pourquoi on ne le laisse pas sortir de Cuba. Nous sommes cernés par une répression qui ne signe pas les papiers, qui ne montre pas son visage et n’appose pas de timbre sur les actes par lesquels elle viole sa propre loi.

Des condamnations qui ne veulent pas laisser de preuves, des arrestations qui ne figurent pas sur la main courante d’une station de police, des menaces faites oralement pour ne pas laisser de traces. Une culture  ignorante de  l’écriture, caractérisée par l’intimidation, les agents porteurs de pseudonymes et la coercition qui évite de laisser des preuves. Quand nous leur demandons de mettre par écrit les phrases qu’ils nous crient loin des caméras et des micros, ils serrent les lèvres et font valoir leur droit de garder l’anonymat. Si on les dénonce en justice appelant au respect des lois qu’ils ont eux-mêmes créées, alors trente, soixante, quatre vingt dix jours se passent et puis rien. Aucun juge n’accepte une plainte contre cette institution vert olive qui gouverne le pays.

Toute cette gloriole du haut des tribunes, l’utilisation des termes de « courage » « sacrifice » et « intégrité » pour venir se cacher derrière sa propre peur, pour ne pas mettre son nom, son visage et ses convictions sur les atrocités commises.

Traduit par Jean-Claude MAROUBY