Protège-t-on l’environnement à Cuba ?

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Un homme en tenue de mécanicien verse le liquide d’un accumulateur dans les égouts. Quelques mètres plus loin deux jeunes lavent une moto et l’eau savonneuse s’en va dans la terre, mouille les racines des arbres voisins. Plusieurs voisins ont mis le feu à un tas d’ordures ; il y a des feuilles sèches, des branches, mais aussi deux batteries d’un poste radio  et même une cartouche d’imprimante laser. Après l’avoir utilisée une douzaine de fois le cuisinier de l’entreprise verse l’huile usagée dans le siphon de l’évier… s’il ne la rapporte pas chez lui pour la consommation familiale. La coiffeuse qui habite à l’étage en fait de même avec les teintes utilisées qu’elle jette dans la cuvette des toilettes. L’irresponsabilité dans le traitement des déchets est générale dans tout le pays. Peu de personnes sont conscientes du danger écologique que provoquent certains actes de la vie quotidienne.

L’absence de conscience écologique se perçoit dans chaque détail de notre vie. On le voit par exemple dans le sans-gêne avec lequel beaucoup de cubains abattent un arbre, cimentent la cour de leur immeuble dans laquelle poussait auparavant des plantes, jettent des produits chimiques dans les ruisseaux, maltraitent et tuent les animaux, ou simplement se débarrassent de matières recyclables. Il ne suffit pas de demander aux enfants de l’école primaire de semer une graine de haricot pour faire naître en eux l’amour de la nature. Il ne suffit pas non plus de  passer des annonces à la télé aux heures de grande écoute, appelant à protéger la planète sur laquelle nous vivons. La protection de l’environnement doit faire partie des programmes scolaires, être instrumentalisée dans un corpus légal strict, et faire l’objet de promotion dans tous les milieux.

La société civile en développement devrait également brandir cette bannière. Sans délaisser le flambeau des droits de l’homme et des changements démocratiques, il est temps pour les mouvements civiques de mettre au point des stratégies de défense de l’environnement pour le pays que nous allons léguer à nos enfants, pour les groupes qui témoignent des incidences sur l’écosystème d’organiser des programmes de formation au recyclage et d’essayer de donner à la protection des ressources naturelles les protagonistes dont elle a besoin. C’est bien de vouloir léguer aux futures générations un pays libre, mais il faut commencer par s’assurer que nous aurons bien un pays à léguer.

La roue tourne. La nature n’attend pas. Demain il sera trop tard.

Traduction Jean-Claude Marouby