Enseigner avec humour

Espabilao, la última entrega del equipo Quimbumbia

J’ai eu une longue discussion avec un ami sur le caractère génial ou non d’un certain personnage politique. Lui prétend que pouvoir répéter des citations dans le texte, se rappeler des dates et des noms de personnages historiques démontre le côté brillant dudit personnage. De mon côté je lui ai fait remarquer que je n’ai jamais entendu cette personne faire une plaisanterie, ni un trait d’ironie bien trouvé. Elle manque d’humour ai-je insisté et l’humour est la preuve d’une grande  intelligence. J’ai toujours pensé que provoquer le sourire de quelqu’un est quelque chose de plus difficile que générer le fanatisme d’une foule. C’est non seulement le cas pour les personnalités publiques, mais c’est également vrai dans l’enseignement. Enseigner de manière distrayante peut aider à améliorer la relation avec les étudiants. Nous avons tendance à mieux nous souvenir de ce que nous apprenons en nous détendant que de ce que l’on pressent fastidieux.

C’est le cas des connaissances sur la sécurité informatique qui nous parviennent au travers du nouveau jeu vidéo  « Espabilao ». Le groupe de développeurs cubains « Quimbumbia » vient de mettre à disposition des citoyens cubains ce divertissement extrêmement instructif. C’est l’histoire de Pix, un robot qui doit protéger les données personnelles que Ale, son patron naïf, a laissé traîner sur internet.

Maintenant que je connais le projet « Quimbumbia » et sa dernière livraison « Espabilao » j’ai davantage d’éléments pour convaincre mon ami sceptique. Je vais pouvoir  lui dire : tu vois que la finesse d’esprit n’a pas besoin d’être ennuyeuse à force de sobriété, ni l’enseignement de donner envie de baîller. Il poursuivra probablement avec ses exemples d’orateurs ampoulés et d’hommes d’Etat dépassés par les statistiques. Je préfère cependant l’approche pratique de Pix… le sourire avec lequel il accompagne ce qu’il nous enseigne et qu’il laisse de façon indélébile dans nos mémoires. L’humour est, je continue à penser, la forme la plus achevée du génie humain… c’est pourquoi il donne tant de mal aux médiocres et aux autoritaires.

Traduction Jean-Claude Marouby