Que se passe-t-il en Ukraine ?

https://i1.wp.com/lageneraciony.com/wp-content/uploads/2013/12/protestas_kiev.jpgLorsque dans les démocraties imparfaites du monde, les citoyens descendent dans la rue, les medias officiel cubains s’en font l’écho immédiatement. Dans de tels cas les mots « injustice », « capitalisme »et « exploitation » sont utilisés par les journalistes de la place pour expliquer le pourquoi de ces protestations sociales. Les choses se passent de façon bien différente si les manifestants se dressent contre un régime autoritaire ou contre quelque gouvernement ami de la « Place de la révolution ». Dans ce cas le texte de l’information se voit saupoudré des qualificatifs « mercenaires », « à la solde de l’étranger »… « insurgés » ou «soi-disant rebelles ». Le peuple n’est pas le peuple partout… semblent nous dire ces analyses hémiplégiques.

De temps en temps pourtant, quelque chose ne cadre pas dans les schémas rigoureux de notre presse nationale. Cette semaine par exemple, ave les événements survenus en Ukraine, la politique d’information du Parti Communiste s’est trouvée désorientée. Les téléspectateurs que nous sommes, avons pu observer acrobaties verbales, prudence et même véritables bégaiements dans la bouche des journalistes, autrement combattifs lorsqu’ils traitent d’autres sujets. Pourquoi ce qui arrive dans l’ex-république soviétique les déstabilise-t-il tellement ?

En premier lieu parce qu’on a conservé le vieux pacte informatif passé avec l’URSS, de ne pas mettre en question leur politique extérieure ni rapporter leurs problèmes internes. D’où la difficulté de raconter le rejet par le peuple du président Viktor Yanukovytch, parce qu’il a choisi de se rapprocher du Kremlin plutôt que de Bruxelles. Dans ce schéma dessiné par le Département d’Orientation Révolutionnaire, il convenait de vilipender et mettre en doute l’Union Européenne chaque fois que possible. Pour cette raison il est maintenant difficile pour ces mêmes medias d’expliquer pourquoi tant d’ukrainiens exigent de faire partie de cette communauté politique.

Devant cette contradiction évidente, les journalistes ont choisi de reléguer la nouvelle en fin de journal, et de réduire l’importance des images de la foule sur les places de Kiev. A la place ils ont accompagné leurs reportages de plusieurs scènes filmées à l’intérieur du Kremlin, où des intervenants suggéraient la présence de quelque puissance étrangère derrière les révoltes. Vingt-quatre heures après la première annonce nous n’avions déjà plus aucune information.

Je suppose que beaucoup de téléspectateurs, comme moi, ont dû se demander, devant une telle incohérence, ce qui se passait en Ukraine. Mais la presse officielle ne pourra pas nous répondre puisqu’elle n’est même pas capable de nous raconter ce qui se passe à Cuba.

Traduction Jean-Claude Marouby